Jérémie Liard Dr Pharm, Le Locle | Christian Borel-Jaquet, Dr es-Sciences-FPH, Président de l’ONP 

Pharmacie et Covid-19

Face à la crise sanitaire engendrée par le Covid-19 les pharmacies suisses et donc Neuchâteloises ont dû s’adapter rapidement afin de garantir leur service de proximité et une continuité des soins notamment pour les personnes sous traitement chronique. Pour ce faire, elles ont dû revoir leur organisation pour s’adapter au mieux à la réalité du terrain. Les mesures prises par le Conseil Fédéral visant à limiter les déplacements (allant dans le sens de la plupart de nos voisins Européens) ajoutées au flot continu d’informations, véhiculé par les médias, ont rapidement créé un climat anxiogène au sein de la population. Cela s’est traduit par des comportements de panique, voire d’agressivité, au sein de la clientèle des pharmacies. Une très forte augmentation de la fréquentation des officines s’est produite en particulier durant la semaine du 16 au 22 mars. En parallèle il a fallu mettre en place une nouvelle organisation du travail afin de maintenir un service optimal tout en respectant les recommandations sanitaires. On a ainsi observé une augmentation drastique du nombre d’appels téléphoniques pour des demandes de livraisons. Les pharmacies ont alors mis en place différents systèmes pour répondre à ces changements. Certaines ont eu recours à du personnel traditionnellement occupé à d’autres tâches, comme par exemple celui du secteur parfumerie. D’autres ont trouvé des solutions externes afin de répondre à ces demandes ayant parfois doublé voire même triplé. Le but : maintenir un service efficace sur la durée. Tout cela démontre la nécessité de conserver un maillage important de pharmacies sur le canton. En effet, en cas de prolongement des délais de livraisons par la poste, les « entrepôts » par correspondance pourraient avoir des difficultés pour subvenir aux besoins des patients

Pour réaliser ces efforts et garantir un service de qualité, il est nécessaire de garder du personnel en nombre suffisant et en bonne santé ! C’est la raison pour laquelle il a fallu mettre en place, au plus vite, des mesures de protection du personnel officinal. Des parois en plexiglass ont ainsi été installées aux comptoirs et le port de masques chirurgicaux par les équipes a été conseillé dans des situations définies. De plus, des protocoles de désinfection des mains, des surfaces de vente et des locaux ont été instaurés de manière systématique.  A ces mesures contraignantes mais nécessaires s’est rajoutée l’inquiétude des équipes, à cause de situations personnelles liées aux problématiques de garde d’enfants et de confinement entre autre. Il faut également prendre en compte le risque de contamination du personnel et donc probablement un manque de personnel à venir. Les pharmacies devront faire preuve de flexibilité et d’endurance afin de relever les défis futurs, cela pourrait passer, par exemple, par des réductions des horaires d’ouverture.

L’enjeu de ces prochaines semaines est en effet que les pharmacies restent ouvertes car elles constituent une porte d’entrée du système sanitaire.

Cette situation extraordinaire a également entrainé de grosses difficultés d’approvisionnement dans les pharmacies. En effet, avant même l’instauration des mesures fédérales, les gels hydro-alcooliques et autres lotions désinfectantes ainsi que les masques de protection étaient déjà en rupture de stock. Ensuite, des difficultés d’approvisionnement ont rapidement touché certaines spécialités, celles contenant du paracétamol notamment. Des craintes concernant l’approvisionnement des médicaments pour les traitements chroniques se sont manifestées. Ainsi certaines personnes ont voulu faire des stocks de manière irraisonnée poussant le Conseil Fédéral à intervenir pour rapidement limiter la délivrance des médicaments des listes A et B et de certaines substances actives de la liste D dans son ordonnance du 18 mars.  La chloroquine et l’hydroxy-chloroquine (Nivaquine ®, Plaquenil ®) faisant même l’objet de réquisitions dans certains cantons.

Dans ce contexte de crise sanitaire, une des missions importante des pharmacies est d’informer le public et de pouvoir répondre aux inquiétudes des clients afin de les rassurer et rétablir des vérités face à certaines rumeurs notamment. En outre, notre mission est de relayer les recommandations fédérales et cantonales auprès du grand public (mesures d’hygiène, de distanciation sociale, conduite à tenir en cas de symptômes évocateurs). Cette mission de santé publique nécessite une bonne coordination de tous les acteurs concernés.

Face aux prévisions qui mentionnent une rémanence à long terme du Covid-19, il est nécessaire de réfléchir au futur et notamment aux enseignements à tirer de la situation actuelle. Il semble adéquat que nous ayons une meilleure coordination avec certaines structures, par exemple l’ORCCAN. Nous pensons que d’intégrer les sociétés cantonales de médecine et de pharmacie dans un tel dispositif permettrait une meilleure communication des informations sur le terrain. De même, l’approvisionnement de produits de première nécessité tels que masques, désinfectants et autres, implique une coordination entre la Confédération, le Canton et la cinquantaine d’officines Neuchâteloise. Les besoins sur le terrain doivent être rapidement définis ainsi que la personne habilitée à les communiquer. De même qui est en mesure de faire appel, par exemple, à la pharmacie de l’armée. Bien que, comme mentionné plus haut, il existe une communication ONP-SSP, l’intégration de la base représentée par les organes des sociétés cantonales, permettrait d’en faire une réalité plus efficace. Je pense que de nombreux confrères n’ont pas, par exemple, connaissance de l’ORCCAN. A ce propos, un exemple concret est la réactivité des pharmacies du canton dans la préparation de solution hydro-alcoolique, dès validation par la Pharmacienne cantonale de la formule OMS. Malheureusement, ensuite, nous avons dû stopper les préparations par manque d’alcool ! Il est primordial d’y réfléchir pour l’avenir car ce sont des éléments communs qu’elle que soient les différentes pandémies/épidémies.

Pour le futur, il semble indispensable que soit établi une coordination interprofessionnelle. Il sera nécessaire de mettre en place, selon les experts, des tests anticorps et de PCR avec les prélèvements y relatif. Lorsque le vaccin sera disponible, il faudra pouvoir vacciner les gens. En effet, tous les autres problèmes de santé qui existaient avant la pandémie continueront d’être présents voir pour certain ont été aggravés par cette période. Dès lors, si l’on veut pouvoir disposer de gens capables de reprendre des activités en toute sécurité et ainsi tenter d’atténuer les impacts économiques, cette coordination sera indispensable.

 

Thème de SNM News 102 : Actualités en rhumatologie

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